Oyez ! Oyez ! Braves gens,
C'est en cette période pré-électorale, jeudi 17 janvier 2008, que le Sénateur-Maire de Nice s'est rendu à la salle Accropolis pour présenter ses voeux de bonne année. Mais pas n'importe lesquels, et c'est là que votre humble serviteur, journaliste en herbe s'est bien fait avoir. Moi qui avait déjà hâte de faire correctement mon travail et interviewer de vrais personnalités (et non pas des vendeuses de gauffre au marché de Noël), je me suis retrouvé dans une cérémonie dédiée aux séniors, et pour parler de manière crue, une gigantesque concentration de vieux sur presque 200 m carré d'exposition.
J'ai aussitôt réprimé une marche arrière stratégique, le courage étant une qualité essentielle à mon futur métier. Mais le fond sonore qui avait aussitôt envahit mon espace auditif si fragile, a eu raison de ma légendaire patience. Les grands haut-parleurs de la salle crachaient effectivement une succession de reprises, façon salsa ou Compay Segundo, de standards du rock'n roll et des Beatles. Les anciens s'entassaient bon train sur les quelques strapontins restant, il faut dire que les locaux se voulaient combles.
Dès lors se pointe sur la coquette scène une imposant personnage trappu, les cheveux poivre et sel, l'enbompoint affirmé. Avec une aisance de vendeur de supermarché, un micro pour seule arme, il n'a pas manqué d'annoncer le léger retard de Jacques Peyrat, sifflé par l'assistance septuagénaire en délire. A ma grande surprise, et mon grand désarroi, ce Franck Michaël azuréen, prince des plus grandes guinguettes niçoises, provoque un tonerre d'applaudissements, qui allaient crescendo de même que mon indignation. L'homme s'est alors mis à tripoter un matériel qu'on aurait cru de pointe, mais pourtant bel et bien un séquenceur MIDI, bête noire des amateurs de son authentic. Au sommet de cette démence furtive, une chorale composée de membres de la même catégorie sociale ont occupé la scene à petites foulées désordonnées.
Je vous passe la demie-heure de massacre musical en règle, l'attention s'étant reportée sur l'arrivée imminente de monsieur le Maire de Nice.
J'ai cru y voir le sauveur de mon âme prisonière de cette ambiance pittoresque, mais il faut croire que M.Peyrat, non loin de cautionner ce genre de sacrifice auditif, se voulait avenant envers un fragment de la population dont il aurait pu se sentir proche en tout point. Celui-ci n'a cessé de le répéter lors de son discours, au combien fédérateur (comprendre démagogique), " c'est un bonheur que de revoir mes séniors maintenant que je le suis moi même". C'était pourtant avec une forme étonnante qu'il avait gravi 2 à 2 les marches du podium en insistant sur le fait qu'il était "toujours là...j'ai fait mes preuves et l'heure de la retraite n'est pas encore arrivée".
Alors retenons le message essentiel. Pour peu que je paraisse odieux vis à vis de la classe politique de ma région, je constate que la stratégie de Jacques Peyrat fut aussi avisée que courtoise, puisqu'elle consistait, selon votre humble serviteur, à se constituer un apport massif de son électorat de personnes âgées aux urnes de mars 2008. Notons au passage que j'habite dans une ville qui a effectivement la réputation d'être une des plus vieilles de France, à mon grand regret.
Maintenant, le côté sombre et à la fois ludique de ma personnalité se serait contenté d'avantage d'un gigantesque carnage façon attentat àla bombe. C'est cruel, et je sais je suis horrible. Mais essayez juste d'imaginer la scène, et parfois le baume au coeur que pourrait provoquer un allègement considérable des retraites si on dynamitait systématiquement des pleins camions de vieillards, partisans qui plus est du moindre effort en matière esthétique et musicale. Je me résigne pourtant à accepter que tout le monde ne puisse avoir les même goût de chiotte. Dans un élan incalculable de dépit j'ai pris la voie de la sortie, après avoir écouté avec assiduité les élucubrations du candidats aux municipales. La tête haute, mais le ventre vide puisque, ne pouvant supporter viscéralement une minute supplémentaire de chants traditionnels siciliens version synthétiseur Bontampi (la célèbre marque), j'ai du abandonné les sillons gargantuesques de trésors culinaires qu'offrait le banquet en faveur de la traditionnelle galette des rois. QU'ILS SE CASSENT LES DENTS SUR LA FEVE !! Mes oreilles vallaient bien cet écart de conduite.
Aucune moralité finalement dans cette histoire, si ce n'est qu'il faut toujours bien se renseigner sur le bien fondé de certaines manifestations "culturelles" ou politiques. Cependant, je vous conseille vivement d'essayer à tout hasard de vous rendre aux meetings, quels qu'ils soient, c'est toujours mieux pour se forger son opinion et faire de ce pas son devoir de citoyen. Un bémol toutefois, car je ne suis pas moralisateur pour 2 sous. Mais quand je vois la gueule de notre tramway et les travaux qu'il reste à terminer à Nice, je me dis que c'est peut-être plus important qu'à l'accoutumée.
En attendant des nouvelles de l'actu bien croustillantes, je vous souhaite tout de même de ne pas trop vous prendre la tête, la politique étant en règle générale un sujet épineux à aborder avec modération lors de diner entre amis.
Prenez soin de vous chers internautes...
musique de l'instant : Ibéria_Claude DEBUSSY